Impôts & transmission · fiche A.2 · Bloc A Impôts & transmission · MA.2
Le PER, ça me fait gagner quoi exactement ?
Un report d’impôt, pas un cadeau. Et de l’argent immobilisé.
◬ L'École du Patrimoine
À lire d’abord
- À lire d’abord Combien l’État prend sur mes gains, et quand ? Le gain réel du PER se mesure contre le taux par défaut ; sans ce repère, l’écart de tranche ne peut pas se calculer.
Les repères à retenir
- 1La déduction à l’entrée est un report, pas une exonération : ce qui n’est pas imposé au versement le sera à la sortie. L’avantage réel dépend de l’écart entre la tranche d’imposition d’aujourd’hui et celle de la retraite.
- 2L’épargne est immobilisée jusqu’à la retraite, sauf huit cas de déblocage limitativement énumérés par la loi.
- 3Le plafond de déduction se calcule sur les revenus de l’année précédente, et les plafonds non utilisés se reportent sur cinq ans.
- 4Depuis 2026, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles — et la mesure va au-delà des seuls versements volontaires.
- 5À la sortie en capital, la part correspondant aux versements suit le barème de l’impôt sur le revenu, et la part de gains le prélèvement forfaitaire. Ce ne sont pas les mêmes règles.
Les repères chiffrés
37 680 €
plafond de déduction d’un salarié, versements 2026
10 % de 8 PASS de l’année précédente ; plancher de 4 710 €
Légifrance — CGI art. 163 quatervicies, I, 1°, 21/02/2026
8 cas
cas de déblocage anticipé du PER
huit alinéas au I de l’article L224-4 : 1°, 2°, 2° bis, 3°, 4°, 5°, 6°, 7°
Légifrance — Code monétaire et financier, art. L224-4 — modifié par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026, art. 4, 14/06/2026
non déductibles
versements sur un PER à partir de 70 ans
depuis le 1er janvier 2026 ; la mesure neutralise aussi l’exonération de l’abondement et de l’épargne salariale
Légifrance — CGI art. 163 quinvicies, créé par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 9, 21/02/2026
31,4 %
prélèvement forfaitaire unique (« flat tax »)
12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux
Légifrance — Code de la sécurité sociale, art. L136-8 (version en vigueur au 27/06/2026), 27/06/2026
L’idée reçue
« Le PER fait baisser mes impôts. »
Il les décale. La somme déduite à l’entrée est imposée à la sortie. Le gain réel n’existe que si la tranche d’imposition à la retraite est inférieure à celle d’aujourd’hui — ce qui n’a rien d’automatique.
Les pièges
- Lire la déduction à l’entrée comme un gain définitif : c’est un décalage dans le temps, et la sortie est imposée.
- Déduire sans regarder sa tranche marginale : l’intérêt du report dépend entièrement de l’écart entre l’imposition d’aujourd’hui et celle de la retraite.
- Reprendre le plafond de 38 448 € pour des versements 2026 : il vaut pour 2027, calculé sur le plafond de la Sécurité sociale de 2026.
- Croire que les prélèvements sociaux du PER sont à 17,2 % comme l’assurance-vie : le PER ne bénéficie d’aucune dérogation, il est à 18,6 %.
Où aller ensuite
- L’autre option L’assurance-vie, c’est un placement ou un contenant ? Face à ce report d’impôt qui s’inverse à la sortie, l’autre grande enveloppe suit une logique inverse : une fiscalité qui s’allège avec la durée.
- Le même piège ailleurs Mon entreprise me verse une prime : que se passe-t-il si je ne réponds pas ? La moitié d’une prime de participation part sur un plan retraite collectif faute de réponse en quinze jours : on peut alimenter un plan de ce type sans jamais l’avoir choisi.