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Enveloppes : PEA, CTO, assurance-vie

Choisir une enveloppe se raisonne par critères — fiscalité, plafonds, univers, souplesse — jamais par slogan.

Fiche récap Après cinq ans, mon PEA est exonéré de quoi ? À imprimer ou télécharger
Exemple concret Ce que « exonéré » veut dire, exactement

Hypothèse : 10 000 € de gain, retirés d’un plan ouvert depuis plus de 5 ans.

  • Gain retiré10 000 €
  • Impôt sur le revenu0 €
  • Prélèvements sociaux, 18,6 %1 860 €
  • Net après un retrait sur PEA8 140 €
  • Le même gain sur un compte-titres, au taux forfaitaire de 31,4 %6 860 €

L’ancienneté du plan efface l’impôt sur le revenu, jamais les prélèvements sociaux. « Exonéré » ne veut donc pas dire « net de tout prélèvement ».

À reconstituer Les deux dernières lignes diffèrent, et leur écart correspond exactement à l’une des deux composantes du taux forfaitaire. Laquelle, et pourquoi l’autre ne disparaît-elle pas au bout de cinq ans ?

Une explication complète contient ces points — les comparer à la sienne, plutôt que les lire.

1. Le taux forfaitaire se décompose en une part d’impôt sur le revenu et une part de prélèvements sociaux.

2. Le plan de plus de cinq ans supprime la première et laisse la seconde intacte, au même taux qu’avant cinq ans. L’écart entre les deux enveloppes vaut donc exactement la part d’impôt sur le revenu.

3. L’exonération porte sur l’impôt sur le revenu seulement. C’est ce que dit la règle, et c’est ce que le calcul retrouve.

Exemple purement illustratif, à hypothèses simplifiées. Les rendements réels varient et ne sont pas garantis.

L'essentiel

  1. Le PEA (Plan d'Épargne en Actions) est un compte-titres fiscalement avantagé réservé aux personnes physiques majeures dont le domicile fiscal est situé en France, plafonné en versements à 150 000 € depuis l'ouverture du plan (la valorisation du compte peut dépasser ce montant du fait des plus-values, sans permettre de nouveaux versements au-delà).
  2. Après 5 ans de détention, les gains retirés d'un PEA sont exonérés d'impôt sur le revenu seulement (CGI art. 157, 5° bis) ; les prélèvements sociaux, à 18,6 %, restent dus (CSS art. L136-7, II, 5°). L'exonération ne porte que sur l'IR : à 5 ans, les prélèvements sociaux ne changent ni de taux, ni d'assiette. Écrire que le PEA « devient exonéré » ou « défiscalisé » est faux par omission.
  3. Avant 5 ans, tout retrait entraîne la clôture du plan, sauf quatre dérogations limitatives (CMF art. L221-32, II : création ou reprise d'entreprise avec réemploi sous 3 mois ; licenciement, invalidité ou mise à la retraite anticipée ; retraits de titres mentionnés à l'art. 163 bis H du CGI ; liquidation judiciaire). Le gain net réalisé depuis l'ouverture devient alors imposable (CGI art. 150-0 A, II, 2) au taux forfaitaire de 12,8 % — ou au barème sur option (CGI art. 200 A, 5) — auquel s'ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total.
  4. Au-delà de la cinquième année, les retraits partiels n'entraînent pas la clôture du plan (CMF art. L221-32, I) et il reste possible d'effectuer de nouveaux versements, dans la limite du plafond global de 150 000 €. Attention à la source : le code monétaire et financier ne dit nulle part que l'on peut verser à nouveau — cette faculté résulte de la suppression de l'interdiction antérieure par la loi PACTE, et se lit sur la fiche service-public F2385, pas sur le texte.
  5. Le PEA-PME est un plan complémentaire dédié aux titres de PME/ETI ; son plafond propre est de 225 000 €, montant qui constitue aussi le plafond du cumul des versements avec un PEA classique. Un PEA rempli à 150 000 € ne laisse donc que 75 000 € de capacité sur le PEA-PME ; à l'inverse, sans PEA, 225 000 € peuvent être versés sur le seul PEA-PME.
  6. Une personne majeure rattachée au foyer fiscal d'un contribuable peut ouvrir un PEA, mais ses versements sont plafonnés à 20 000 € tant que dure le rattachement ; la limite redevient 150 000 € lorsqu'il cesse, sans transformation du plan. L'appellation commerciale « PEA Jeune » ne figure pas dans le code : il s'agit du PEA de droit commun à plafond abaissé, et le critère juridique est le rattachement fiscal, non l'âge — le 3 de l'article 6 du CGI vise la personne majeure de moins de 21 ans, de moins de 25 ans si elle poursuit ses études, ou sans limite d'âge en cas de service militaire ou d'infirmité.
  7. Le CTO (Compte-Titres Ordinaire) n'est plafonné par aucun texte — c'est une absence de disposition, et non une règle que l'on pourrait citer — et ne connaît aucune restriction géographique sur les titres logeables : actions, obligations, ETF du monde entier, quelle que soit leur zone de cotation.
  8. Les revenus et plus-values d'un CTO (dividendes, plus-values de cession) sont par défaut soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU, « flat tax »), avec une option possible pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option n'est plus qualifiée d'« irrévocable » par le texte depuis la loi de finances pour 2026 (CGI art. 200 A, 2) : toute documentation qui la présente comme irrévocable est périmée.
  9. L'assurance-vie n'est pas un produit financier en tant que tel mais une enveloppe contractuelle (contrat d'assurance) pouvant loger des fonds en euros (capital garanti par l'assureur) et des unités de compte (supports en valeur, non garantis, pouvant inclure actions, obligations, ETF, etc.).
  10. Après 8 ans de détention d'un contrat d'assurance-vie, les gains rachetés bénéficient d'un abattement annuel sur l'impôt sur le revenu, apprécié à l'échelle du foyer fiscal (tous contrats confondus), avant application d'un taux réduit sur le solde imposable.
  11. Les titres éligibles au PEA sont ceux de sociétés ayant leur siège en France, dans un autre État membre de l'Union européenne, ou dans un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative (CMF art. L221-31). Dire « actions européennes » est faux au sens strict : la Suisse et le Royaume-Uni sont européens mais ni UE ni EEE, donc non éligibles en direct. Les OPC (dont les ETF) sont éligibles s'ils emploient plus de 75 % de leurs actifs en titres eux-mêmes éligibles — c'est la composition de l'actif du fonds qui compte, pas l'indice qu'il réplique, ce qui explique qu'un ETF répliquant un indice mondial puisse être logé en PEA.
  12. Une même personne ne peut être titulaire que d'un seul PEA, et un plan ne peut avoir qu'un seul titulaire (CMF art. L221-30). Il n'existe donc pas de PEA joint : un couple peut détenir deux PEA, un par personne, soit 300 000 € de versements au niveau du foyer.
  13. Le PEA, le CTO et l'assurance-vie diffèrent sur plusieurs critères non hiérarchisables dans l'absolu : plafond de versement, univers d'investissement autorisé, durée de détention influençant la fiscalité, modalités de sortie (retrait partiel vs rachat), et cadre de transmission (l'assurance-vie a un régime successoral spécifique, hors périmètre de ce module).
  14. Contrairement au PEA et au CTO, l'assurance-vie permet des rachats partiels sans clôturer le contrat, quelle que soit son ancienneté.
  15. Le PEA est fiscalement avantageux sur les plus-values après 5 ans (hors prélèvements sociaux) mais restreint l'univers d'investissement (titres UE/EEE, ou OPC employant plus de 75 % de leurs actifs en titres éligibles) ; le CTO offre l'univers le plus large mais sans avantage fiscal de durée comparable ; l'assurance-vie combine univers large (selon le contrat) et avantage fiscal croissant avec l'ancienneté, avec en plus un cadre successoral spécifique.
  16. Le point de comparaison utile entre PEA et CTO tient en une phrase : seul l'impôt sur le revenu diffère, les prélèvements sociaux sont identiques. Après 5 ans, le gain de PEA n'entre pas dans le revenu net global, là où le gain de CTO est taxé à 12,8 % (ou au barème). L'écart réel est donc de 12,8 points, et non de 31,4 : les 18,6 % de prélèvements sociaux sont dus dans les deux enveloppes, au même taux et sur la même assiette de gain net. Le PEA ne procure aucun avantage social.
  17. Le choix entre ces enveloppes dépend de critères propres à chaque situation (horizon, montant, objectif, univers souhaité) qui ne sont pas traités de façon individualisée dans ce module générique.
Trois enveloppes, trois horloges fiscales
PEA5 ansavant l'exonération d'IRPS 18,6 % dus quand mêmeCTO31,4 %dès le premier europas de mécanisme de duréeASSURANCE-VIE7,5 %après 8 ansPS 17,2 % (taux réduit)ce qui distingue les trois enveloppesTrois horloges fiscales différentes — aucune n'est supérieure dans l'absolu.

Chaque enveloppe applique son propre taux par défaut et sa propre durée avant un régime plus favorable — cinq ans pour le PEA, aucune pour le CTO, huit ans pour l'assurance-vie. Trois mécaniques distinctes, qu'aucune hiérarchie générale ne permet de classer.

Chiffres clés 2026

DonnéeValeurDateSource
Plafond de versements PEA150 000 € de versements depuis l'ouverture du planvérifié 19/07/2026Légifrance, CMF art. L221-30 — version en vigueur depuis le 24/05/2019
Plafond du PEA d'une personne majeure rattachée à un foyer fiscal20 000 € pendant toute la durée du rattachementvérifié 19/07/2026Légifrance, CMF art. L221-30, dernier alinéa — renvoi au CGI art. 6, 3
Plafond du PEA-PME, et plafond du cumul avec le PEA225 000 €vérifié 19/07/2026Légifrance, CMF art. L221-32-1 — version en vigueur depuis le 24/05/2019
Prélèvements sociaux sur les gains du PEA18,6 % (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %)vérifié 19/07/2026Légifrance, CSS art. L136-7, II, 5° a contrario du IV de l'art. L136-8 — démonstration en note ci-dessous
Fiscalité PEA après 5 ansExonération d'impôt sur le revenu seul ; 18,6 % de prélèvements sociaux dusvérifié 19/07/2026Légifrance, CGI art. 157, 5° bis — version en vigueur depuis le 21/02/2026
Fiscalité PEA avant 5 ans (retrait/clôture)Clôture du plan + 12,8 % d'IR (ou barème sur option) + 18,6 % de PS = 31,4 %vérifié 19/07/2026CMF art. L221-32, II + CGI art. 150-0 A, II, 2 + CGI art. 200 A
PFU / flat tax CTO (par défaut)31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)vérifié 19/07/2026service-public, fiche F21618, vérifiée le 15/04/2026 : « soumise au prélèvement forfaitaire unique au taux de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) »
Titres éligibles au PEA (périmètre géographique)France + UE + EEE ayant conclu une convention d'assistance administrative ; OPC éligibles si > 75 % d'actifs éligiblesvérifié 19/07/2026Légifrance, CMF art. L221-31 — version en vigueur depuis le 16/02/2025
Plafond du compte-titres ordinaireaucunAbsence de disposition : aucun texte ne plafonne un CTO. Fait vrai mais non sourçable positivement — à ne jamais présenter comme sourcé.
Abattement annuel assurance-vie après 8 ans (personne seule / couple)4 600 € / 9 200 €repris du registre, non revérifié le 19/07impots.gouv.fr, « L'assurance-vie et le PEA » — entrée av-abattement-8ans du registre ; hors périmètre de la passe du 19/07/2026
PFU réduit assurance-vie après 8 ans7,5 % (primes ≤ 150 000 €) ou 12,8 % au-delàà vérifierNon couvert par la passe du 19/07/2026, qui portait sur le PEA et le CTO. Reste à lire sur source primaire avant tout usage pédagogique.
Prélèvements sociaux assurance-vie17,2 % (CSG maintenue à 9,2 %)vérifié 19/07/2026Légifrance, CSS art. L136-8, IVet non la loi de finances : voir la correction d'attribution en note

Idées reçues

  • « Le PEA, le CTO et l'assurance-vie : il faut choisir "le meilleur" » → Chaque enveloppe répond à des critères différents (fiscalité, univers, durée, disponibilité) ; aucune n'est structurellement supérieure dans l'absolu, le choix dépend du projet et de la situation propres à chacun.
  • « L'assurance-vie bloque l'argent pendant 8 ans » → Les fonds restent disponibles à tout moment via un rachat partiel ou total ; les 8 ans conditionnent seulement l'avantage fiscal maximal, pas la liquidité du contrat.
  • « Après 5 ans, le PEA est totalement défiscalisé » → Les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux restent dus sur les plus-values, à 18,6 %. C'est la confusion la plus coûteuse sur ce sujet : ce qui change à 5 ans, c'est l'impôt sur le revenu, et lui seul. Les prélèvements sociaux sont identiques avant et après, et identiques à ceux d'un compte-titres.
  • « Le CTO n'a aucun intérêt face au PEA » → Le CTO permet d'investir sans plafond ni restriction géographique (actions non européennes par exemple), ce que le PEA classique ne permet pas structurellement.
  • « Un retrait partiel sur un PEA avant 5 ans ne pose pas de problème » → Un retrait avant 5 ans entraîne la clôture du plan, sauf quatre dérogations limitativement énumérées au II de l'article L221-32 du CMF. Les fiches de vulgarisation n'en citent souvent que trois : elles omettent la dérogation relative aux titres mentionnés à l'article 163 bis H du CGI, plus récente.

Questions fréquentes de débutants

  • Peut-on avoir un PEA et un CTO en même temps ? Oui, ces enveloppes ne sont pas exclusives l'une de l'autre.
  • Que se passe-t-il si la valeur de mon PEA dépasse 150 000 € ? Les nouveaux versements sont bloqués au-delà de ce plafond ; seule la valorisation par plus-value peut faire dépasser ce montant.
  • L'assurance-vie garantit-elle mon capital ? Seul le support en fonds euros offre une garantie en capital, apportée par l'assureur ; les unités de compte ne sont pas garanties et peuvent perdre de la valeur.
  • Peut-on transférer un PEA d'un établissement à un autre sans perdre l'antériorité fiscale ? à vérifier Le transfert existe et ses frais sont plafonnés par décret : le III de l'article L221-32 du CMF vise « les frais appliqués au titulaire du plan […] d'un éventuel transfert de ce plan vers une autre personne ». Mais le texte ne dit rien de la conservation de l'antériorité fiscale, et ce point n'a pas été lu sur une source officielle. À ne pas affirmer en l'état.
  • Un jeune de moins de 18 ans peut-il détenir un PEA ou une assurance-vie ? Le PEA est réservé aux majeurs — l'article L221-30 du CMF vise « les personnes physiques majeures dont le domicile fiscal est situé en France ». Un majeur encore rattaché au foyer fiscal de ses parents peut ouvrir un PEA plafonné à 20 000 € de versements (ce n'est pas un produit distinct : voir point 6 de « L'essentiel »). Pour un mineur, l'assurance-vie via représentant légal obéit à des règles propres, non vérifiées par la passe du 19/07/2026.

Pièges & points de vigilance

  • Retirer des fonds d'un PEA avant 5 ans sans connaître les conséquences (clôture du plan, perte de l'antériorité fiscale).
  • Confondre le plafond de versement (150 000 €) et la valeur totale du PEA, qui peut être supérieure grâce aux plus-values.
  • Oublier que les prélèvements sociaux restent dus même après l'exonération d'impôt sur le revenu (PEA après 5 ans, assurance-vie après 8 ans).
  • Sous-estimer que l'abattement assurance-vie s'apprécie à l'échelle du foyer fiscal et tous contrats confondus, et non par contrat pris isolément.
  • Se fier à des taux de fiscalité non vérifiés sur une source officielle : les paramètres (taux de PFU, taux de prélèvements sociaux) sont révisés chaque année par les lois de finances et de financement de la sécurité sociale, et ont évolué en 2026 (CSG portée de 9,2 % à 10,6 %). Les taux de cette section ont été lus sur les textes le 19/07/2026 ; ils sont à recontrôler après le prochain PLFSS.
  • Appliquer 17,2 % au PEA par contagion avec l'assurance-vie. Le taux de 17,2 % ne subsiste que pour cinq catégories limitativement énumérées au IV de l'article L136-8 du code de la sécurité sociale (revenus fonciers, plus-values immobilières, PEL et CEL, assurance-vie, PEP). Le PEA n'en fait pas partie : il est à 18,6 %. Beaucoup de tableaux du marché se trompent précisément là.
  • Taux historiques de CSG — réserve ouverte. La fiche service-public F2329 (vérifiée le 30/06/2026) avertit que « des règles particulières peuvent s'appliquer au taux de CSG pour certains placements (par exemple, PEA, PEE ou PEI) ». Il s'agit des taux historiques applicables à des gains anciens. Ce mécanisme n'a pas été lu sur texte primaire au 19/07/2026 : ne rien en affirmer, et ne pas présenter le 18,6 % comme universel sur tous les millésimes de plans sans avoir tranché ce point.
  • Ignorer que le choix d'enveloppe n'est pas définitif ni exclusif : combiner plusieurs enveloppes est une pratique courante et documentée.

Se tester

La mémoire se construit en se testant, pas en relisant. Cherchez la réponse de tête avant d’ouvrir : c’est l’effort de rappel qui ancre, pas la lecture de la réponse.

1 La valorisation d’un PEA dépasse le plafond de versements, grâce aux plus-values accumulées au fil du temps. Le plan devient-il irrégulier, et peut-on encore y verser ?

Le plan n’est pas irrégulier : le plafond de 150 000 € porte sur le cumul des versements depuis l’ouverture, jamais sur la valorisation, qui peut le dépasser du seul fait des plus-values. En revanche, aucun versement nouveau n’est alors possible : seule la valeur du plan continue d’évoluer.

2 Vrai ou faux : après 5 ans, le PEA est exonéré d’impôt ?

Faux. L’exonération ne porte que sur l’impôt sur le revenu seulement : les prélèvements sociaux, à 18,6 %, restent dus au même taux qu’avant 5 ans. Écrire que le plan « devient exonéré » sans autre précision revient à passer ce point sous silence.

3 Un compte-titres ordinaire (CTO) est-il plafonné comme un PEA, et les mêmes titres y sont-ils logeables ?

Non, ni l’un ni l’autre. Le CTO n’est plafonné par aucun texte et ne connaît aucune restriction géographique : actions, obligations ou ETF du monde entier peuvent s’y loger. Le PEA, lui, plafonne les versements et limite l’univers direct à des titres de sociétés ayant leur siège en Union européenne et Espace économique européen.

4 Une personne a déjà versé le plafond maximal sur un PEA classique. Peut-elle encore verser sur un PEA-PME ?

Oui, mais de façon limitée : le plafond du PEA-PME, 225 000 €, vaut aussi pour le cumul des deux plans. Un PEA classique déjà rempli à son propre plafond ne laisse donc plus qu’une fraction de ce montant de capacité sur le PEA-PME — jamais les deux plafonds additionnés l’un à l’autre.

5 Un jeune majeur, encore rattaché au foyer fiscal de ses parents, ouvre un PEA. Le plafond qui s’applique dépend-il de son âge ?

Non : il dépend du rattachement fiscal, pas de l’âge. Tant que dure le rattachement, les versements sont plafonnés à 20 000 € ; la limite redevient celle de droit commun dès que le rattachement cesse, sans que le plan change de nature. L’appellation commerciale qui circule pour ce cas ne figure dans aucun texte : le code ne connaît que le PEA de droit commun, à plafond abaissé.

Sources

Passe de vérification du 19/07/2026 — les quatre sources initiales de cette section étaient toutes commerciales (Ramify, Hagnère Patrimoine, Rotek.fr, Meilleurtaux Placement). Elles sont remplacées ci-dessous par les textes eux-mêmes. Sept des onze marqueurs à vérifier sont levés sur sources primaires, trois sont maintenus faute d'avoir pu être établis, un est renvoyé au registre — et deux réserves nouvelles, absentes de la version antérieure, s'y ajoutent (voir « Non établi » en fin de section). Sept affirmations ont été corrigées, dont l'appellation « PEA Jeune » (quatre erreurs sur une seule ligne), le périmètre « actions européennes », la date de la loi de finances pour 2026 et l'attribution du taux de 17,2 %. Le taux de prélèvements sociaux du PEA, qui manquait, est établi à 18,6 %.

La démonstration du 18,6 %, qui est le point le plus rentable de cette section, tient en deux textes. Le PEA est visé au 5° du II de l'article L136-7 du code de la sécurité sociale : « Le gain net réalisé ou la rente viagère versée lors d'un retrait de sommes ou valeurs ou de la clôture d'un plan d'épargne en actions défini à l'article 163 quinquies D du code général des impôts ». Or le IV de l'article L136-8, qui maintient la CSG à 9,2 % (soit 17,2 % au total), ne vise à son 5° que le du II — pas le 5°. Le PEA relève donc du taux de droit commun. Contre-vérification : le 2° de ce même IV vise « les plus-values mentionnées aux articles 150 U à 150 UC du code général des impôts », c'est-à-dire les plus-values immobilières — les plus-values mobilières ne bénéficient d'aucun taux réduit, ce qui vaut pour le compte-titres comme pour le PEA.

Non établi, signalé comme tel : (1) la conservation de l'antériorité fiscale lors d'un transfert de PEA — le III de l'art. L221-32 atteste que le transfert existe et que ses frais sont plafonnés, mais rien n'a été lu sur l'antériorité ; (2) les taux historiques de CSG signalés par la fiche F2329 pour le PEA, le PEE et le PEI, mécanisme non lu sur texte primaire ; (3) le PFU réduit de 7,5 % de l'assurance-vie après 8 ans, hors périmètre de cette passe ; (4) les règles de l'assurance-vie souscrite pour un mineur ; (5) le point de départ des 5 ans (date d'ouverture ou date du premier versement) — la mention « décomptés depuis le premier versement » figurait dans la version antérieure de cette section et a été retirée faute d'avoir été lue sur un texte. Le compte des dérogations à la clôture avant 5 ans est de quatre au 19/07/2026, mais l'article vient d'être modifié par la loi de finances pour 2026 : ce compte est à recontrôler à chaque loi de finances.