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Matière sourcée

Livrets & fonds euros

Livret A, LDDS, LEP, fonds euros : taux 2026, plafonds, garanties (FGDR/FGAP) — et le rendement réel une fois l'inflation passée.

Fiche récap Où mettre mon épargne de sécurité, à quel taux ? À imprimer ou télécharger
Exemple concret Ce qu’un taux garanti ne garantit pas

Hypothèse : 10 000 € laissés une année pleine sur un Livret A, au taux et à l’inflation d’aujourd’hui.

  • Somme placée10 000 €
  • Intérêts d’une année pleine, au taux de 1,50 %+ 150 €
  • Solde au bout d’un an10 150 €
  • Ce qu’il faut pour acheter la même chose qu’un an plus tôt, après +1,8 % de prix10 180 €
  • Ce qui manque pour acheter autant qu’avant− 30 €

Le taux du livret est garanti, son pouvoir d’achat ne l’est pas. C’est toute la différence entre un rendement nominal — celui qui est affiché — et un rendement réel, celui qui reste une fois les prix passés.

À reconstituer Les deux dernières lignes partent du même capital et n’aboutissent pas au même nombre. Que mesure chacune des deux, et pourquoi l’écart entre elles ne se lit-il nulle part dans la ligne « intérêts » ?

Une explication complète contient ces points — les comparer à la sienne, plutôt que les lire.

1. La ligne « solde » compte des euros ; la ligne suivante compte ce que ces euros permettent d’acheter. Ce sont deux unités différentes, et non deux étapes d’un même calcul.

2. Le taux servi et la hausse des prix portent sur la même année, en sens contraire : l’un ajoute au solde, l’autre retire à ce que le solde achète.

3. Le rendement réel se lit donc dans l’écart entre ces deux taux, jamais dans le taux affiché — et il peut être positif comme négatif. Un taux garanti ne garantit que des euros, jamais ce qu’ils achèteront.

Exemple purement illustratif, à hypothèses simplifiées. Les rendements réels varient et ne sont pas garantis.

L'essentiel

  1. Le Livret A, le LDDS et le LEP sont des livrets réglementés par l'État : taux, plafonds et conditions sont fixés nationalement et identiques dans toutes les banques.
  2. Taux du Livret A et du LDDS : 1,5 % depuis le 1er février 2026, porté à 1,7 % à compter du 1er août 2026 (annonce officielle publiée le 15/07/2026).
  3. Le taux est calculé selon une formule réglementaire combinant la moyenne des taux interbancaires de la zone euro et l'inflation hors tabac, sur proposition de la Banque de France au ministère de l'Économie.
  4. Plafond du Livret A : 22 950 € pour un particulier (76 500 € pour une association). Plafond du LDDS : 12 000 €, inchangé depuis 2012 (hors intérêts capitalisés, qui peuvent faire dépasser ce montant).
  5. Le LEP affiche un taux plus élevé : 2,50 % net depuis le 1er février 2026, maintenu au 1er août 2026 — alors que la formule réglementaire aurait dû l'abaisser à 2,2 %, un rehaussement ayant été décidé pour soutenir ce produit destiné aux revenus modestes.
  6. Le LEP est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence (RFR 2024 ou 2025) ne dépasse pas certains seuils selon le nombre de parts fiscales (ex. 23 028 € pour 1 part, 35 326 € pour 2 parts, France métropolitaine) ; son plafond de dépôt est de 10 000 €, versement initial minimum 30 €.
  7. En cas de dépassement du seuil de revenu en cours de détention, la fermeture du LEP n'intervient qu'après deux années consécutives de dépassement constaté.
  8. Les intérêts des livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune) sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
  9. Un livret bancaire classique (dit « fiscalisé ») ne bénéficie d'aucune exonération : ses intérêts entrent dans le champ de la fiscalité de l'épargne (prélèvement forfaitaire unique, cf. mécanisme détaillé en M1.2).
  10. Le fonds euros d'un contrat d'assurance-vie offre une garantie en capital apportée par l'assureur, assortie d'un « effet cliquet » : les intérêts crédités une année sont définitivement acquis et ne peuvent plus être repris ensuite.
  11. Rendement moyen des fonds euros en 2025 : de l'ordre de 2,6 % selon France Assureurs (chiffres cités entre 2,60 % et 2,65 % selon les méthodologies de calcul) — stable par rapport à 2024 (2,60 % à vérifier).
  12. D'importants écarts existent entre contrats autour de cette moyenne, sans qu'un chiffre unique résume la diversité du marché.
  13. Deux mécanismes de garantie distincts protègent l'épargne en cas de défaillance d'un établissement : le FGDR (dépôts bancaires — comptes courants, livrets non réglementés compris — jusqu'à 100 000 € par déposant et par établissement) et le FGAP (contrats d'assurance-vie, jusqu'à 70 000 € par assuré et par compagnie, 90 000 € pour certains contrats de rente décès/invalidité).
  14. Un taux d'épargne nominal positif ne garantit pas un gain de pouvoir d'achat : l'inflation française est passée de 0,9 % en moyenne sur 2025 à des niveaux plus élevés en 2026 (+1,0 % sur un an en février 2026, +1,7 % en mars 2026), ce qui réduit voire annule le rendement réel des supports les moins rémunérés.
  15. L'encours total de l'assurance-vie en France (fonds euros et unités de compte) atteignait 2 107 milliards d'euros fin décembre 2025 (+6,1 % sur un an), avec une collecte nette annuelle dépassant 50 milliards d'euros — un record depuis 15 ans.

Chiffres clés 2026

DonnéeValeurDateSource
Livret A / LDDS — taux1,5 %depuis le 01/02/2026service-public.gouv.fr, economie.gouv.fr
Livret A / LDDS — taux annoncé1,7 %à compter du 01/08/2026 (annoncé)service-public.gouv.fr/A18000, publié 15/07/2026
Livret A — plafond particuliers22 950 €en vigueur 2026perlib.fr, moneyvox.fr (consulté 17/07/2026)
Livret A — plafond associations76 500 €en vigueur 2026perlib.fr (consulté 17/07/2026)
LDDS — plafond12 000 €inchangé depuis 2012economie.gouv.fr, livretp.fr (consulté 17/07/2026)
LEP — taux2,50 % netdepuis 01/02/2026, maintenu au 01/08/2026service-public.gouv.fr/F2367 (màj 27/03/2026) et /A18000 (15/07/2026)
LEP — plafond de dépôt10 000 €2026service-public.gouv.fr/F2367
LEP — seuil RFR (1 part)23 028 €RFR 2024/2025, seuils 2026service-public.gouv.fr/F2367 (màj 27/03/2026)
LEP — seuil RFR (2 parts)35 326 €RFR 2024/2025, seuils 2026service-public.gouv.fr/F2367 (màj 27/03/2026)
Fonds euros — rendement moyen 2025≈2,6 % (2,60-2,65 % selon source)publié fév.-mars 2026France Assureurs via lafinancepourtous.com (04/02/2026), meilleurtaux.com (03/2026)
Fonds euros — rendement moyen 20242,60 % à vérifierpublié début 2025agrégateurs, non re-confirmé source primaire cette session
Encours assurance-vie France2 107 Md€fin décembre 2025 (+6,1 %)France Assureurs via lafinancepourtous.com (04/02/2026)
FGDR — garantie dépôts bancaires100 000 €par déposant/établissement, 2026economie.gouv.fr (consulté 17/07/2026)
FGAP — garantie assurance-vie70 000 € (90 000 € pour rentes décès/invalidité)par assuré/compagnie, 2026economie.gouv.fr, agipi.com (consulté 17/07/2026)
Inflation France — moyenne annuelle0,9 %année 2025insee.fr/fr/statistiques/8726461
Inflation France — sur un an+1,0 % (fév. 2026) puis +1,7 % (mars 2026)2026insee.fr/fr/statistiques/8847129, /8964202

Idées reçues

  1. « Le Livret A rapporte plus qu'un fonds euros » — pas nécessairement : sur 2026, le taux du Livret A (1,5-1,7 %) reste inférieur au rendement moyen des fonds euros 2025 (≈2,6 %), même si les deux supports ne sont ni fiscalement ni structurellement comparables (frais, disponibilité, garanties).
  2. « L'argent sur un Livret A ne perd jamais de valeur » — le capital nominal ne baisse pas, mais le pouvoir d'achat peut reculer si l'inflation dépasse le taux servi (rendement réel négatif possible selon les périodes de 2026).
  3. « Le LEP est réservé aux minima sociaux » — les seuils de revenu fiscal de référence sont plus larges qu'on ne le pense souvent (23 028 € pour une part), sans lien automatique avec les minima sociaux.
  4. « Tous les livrets bancaires ont la même fiscalité que le Livret A » — faux : seuls les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune) sont exonérés ; un livret bancaire ordinaire relève du régime fiscal standard de l'épargne.
  5. « Au-delà du plafond de garantie, l'épargne excédentaire est automatiquement perdue en cas de faillite » — la garantie s'apprécie par déposant et par établissement : répartir l'épargne entre plusieurs établissements permet de multiplier la couverture.

Questions fréquentes de débutants

Quelle différence entre Livret A et LDDS ?

Même taux et même fiscalité (exonération totale), mais plafond différent (22 950 € contre 12 000 €).

Le LEP est-il cumulable avec un Livret A ?

Oui, ce sont des produits distincts, chacun avec son propre plafond.

Le capital d'un fonds euros peut-il baisser ?

Non : la garantie en capital et l'effet cliquet empêchent une baisse de la valeur acquise (les frais du contrat s'appliquent en amont, selon les modalités propres à chaque contrat), à la différence des unités de compte.

Que protège concrètement le FGDR ?

Les dépôts bancaires (comptes courants, livrets non réglementés compris) jusqu'à 100 000 € par déposant et par établissement, en cas de défaillance de la banque.

Que se passe-t-il si mes revenus dépassent le plafond du LEP une seule année ?

Rien d'automatique : la fermeture n'intervient qu'après deux dépassements constatés sur deux années consécutives.

Pièges & points de vigilance

  1. Confondre taux affiché et rendement réel (après inflation) : un taux nominal positif peut correspondre à un pouvoir d'achat en baisse.
  2. Le rendement des fonds euros est déclaré a posteriori par l'assureur chaque année : ce n'est pas un taux garanti à l'avance pour l'année suivante.
  3. Le plafond du LEP (10 000 €) ferme l'accès aux nouveaux versements une fois atteint, mais les intérêts continuent de courir au-delà.
  4. La garantie FGDR/FGAP s'apprécie par établissement : concentrer une somme importante sur un seul établissement peut dépasser la couverture.
  5. Un livret bancaire à taux « boosté » temporairement (offre promotionnelle) n'a pas la fiscalité d'un livret réglementé : les intérêts restent soumis au régime fiscal standard de l'épargne.
  6. Le dépassement du seuil de revenu du LEP est souvent mal anticipé alors qu'un délai de tolérance existe (deux années consécutives).

Se tester

La mémoire se construit en se testant, pas en relisant. Cherchez la réponse de tête avant d’ouvrir : c’est l’effort de rappel qui ancre, pas la lecture de la réponse.

1 Le taux du Livret A change en cours d’année, à une date fixée à l’avance. Entre l’annonce officielle d’un nouveau taux et sa date d’entrée en vigueur, quel taux s’applique réellement ?

Celui qui reste en vigueur jusqu’à cette date, jamais le nouveau : une annonce précède le texte officiel qui le fixe, et le taux annoncé ne remplace l’ancien qu’à sa date d’effet. Aujourd’hui, le taux réellement dû reste 1,50 %.

2 Vrai ou faux : sur un livret, mon épargne ne risque rien ?

Faux. Le capital est garanti en euros, mais son pouvoir d’achat diminue dès que l’inflation dépasse le taux servi — ce qui est le cas aujourd’hui.

3 Un livret bancaire ordinaire proposé par une banque, et un livret réglementé comme le Livret A : les intérêts des deux sont-ils imposés de la même façon ?

Non. Les intérêts d’un livret réglementé — Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune — échappent entièrement à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux ; ceux d’un livret bancaire ordinaire, eux, relèvent du régime fiscal standard de l’épargne, comme la plupart des revenus de placement.

4 Un contrat d’assurance-vie en fonds euros crédite des intérêts au titre d’une année. L’année suivante, les marchés financiers se dégradent nettement. Ces intérêts déjà crédités peuvent-ils être repris ?

Non : c’est l’effet cliquet. Une fois crédités, les intérêts d’un fonds euros s’ajoutent définitivement au capital garanti et ne peuvent plus être retirés par l’assureur ; seul le rendement des années à venir dépend de la conjoncture, jamais l’acquis.

Sources