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Matière sourcée

Femmes & argent

28 % / 51 % — la part des femmes et celle des hommes qui estiment s’y connaître en placements. L’écart de connaissance réellement mesuré par l’AMF est bien plus étroit que cet écart de perception : ce que le module traite est un écart de confiance, sans stéréotypes.

Fiche récap Pourquoi les femmes investissent-elles moins ? À imprimer ou télécharger

🎙️ Épisodes au programme du module

  • ALM Hors-Série Femmes et argent : les erreurs à éviter

L'essentiel

  1. En 2025, 24 % des femmes déclarent détenir un investissement « en direct » (bourse via compte-titres/PEA, financement participatif, crypto-actifs), contre 45 % des hommes (AMF, Baromètre de l'épargne et de l'investissement, données Audirep octobre 2025, publié mars 2026).
  2. Plus largement, 52 % des femmes déclarent détenir au moins un placement non garanti au sein de leur foyer, contre 71 % des hommes (AMF, mars 2026).
  3. 51 % des femmes déclarent refuser tout risque sur leurs placements, contre 31 % des hommes ; à l'inverse, 34 % des femmes acceptent de prendre un risque pour leurs placements, contre 57 % des hommes (AMF, mars 2026).
  4. Le revenu mensuel net moyen déclaré du foyer est d'environ 3 500 € pour les femmes répondantes contre 4 200 € pour les hommes ; le patrimoine financier moyen déclaré (hors immobilier) est de 53 k€ pour les femmes contre 82 k€ pour les hommes (AMF, mars 2026).
  5. Cet écart de ressources n'explique pas tout : l'AMF souligne qu'une littérature académique abondante établit aussi des facteurs psychologiques et socio-culturels propres au gender gap en matière d'investissement, indépendamment du seul niveau de ressources (AMF, mars 2026).
  6. Les femmes sont moins nombreuses à rechercher activement de l'information sur la bourse et les marchés financiers : 50 % contre 73 % des hommes en 2025 (contre 44 % et 60 % respectivement en 2022) (AMF, mars 2026).
  7. Parmi les personnes qui investissent déjà, les écarts se resserrent nettement : le patrimoine financier des femmes investisseuses est inférieur de 18 % à celui des hommes investisseurs, contre un écart de 36 % dans l'ensemble de la population (AMF, mars 2026).
  8. La part de femmes déclarant décider seules de leurs placements est passée de 26 % en 2022 à 46 % en 2025, désormais au niveau des hommes (43 %) — cette hausse s'explique intégralement par un changement d'attitude des femmes, selon l'AMF (AMF, mars 2026).
  9. Chez les jeunes femmes cadres/professions supérieures (CSP+) de moins de 35 ans, le taux d'investissement est plus élevé que chez les autres femmes (48 % détiennent un produit d'investissement), mais reste inférieur à celui des hommes du même profil (64 %) — échantillon réduit (n=201), marge d'erreur plus importante signalée par l'AMF elle-même (AMF, mars 2026).
  10. Les femmes investisseuses détiennent proportionnellement moins d'ETF (10 % contre 18 % des hommes investisseurs) et moins de crypto-actifs (20 % contre 33 %), mais autant d'actions cotées (33 %) ou de fonds/sicav (23 %) (AMF, mars 2026).
  11. Sur la retraite, la pension moyenne de droit direct des femmes reste inférieure de 38 % à celle des hommes en 2023 (écart réduit à 25 % en tenant compte des pensions de réversion, plus souvent versées aux femmes) ; cet écart était de 50 % en 2004 à vérifier (DREES, édition 2025, données 2023).
  12. Les femmes qui investissent surestiment moins leurs connaissances financières que les hommes : dans la population totale, 9 % des femmes répondent correctement aux 3 questions de connaissances du baromètre AMF contre 15 % des hommes, alors que l'écart de confiance déclarée est bien plus large (28 % des femmes contre 51 % des hommes se disent bien connaître ces produits) (AMF, mars 2026).
  13. Les femmes recourent moins aux outils d'intelligence artificielle pour s'informer avant un placement (9 % contre 13 % des hommes dans l'ensemble de la population) et sont moins nombreuses à penser que l'IA pourrait à terme remplacer un conseiller humain (51 % contre 58 % des hommes) (AMF, mars 2026).
  14. Concernant le risque d'arnaques financières, les hommes déclarent davantage connaître l'existence de ce type d'escroqueries (54 % contre 45 % des femmes) et déclarent en avoir été un peu plus souvent victimes dans l'ensemble de la population (17 % contre 14 %) ; le rapport s'inverse chez les seuls détenteurs de produits d'investissement, où la part de femmes victimes déclarées (30 %) dépasse celle des hommes (25 %) (AMF, mars 2026).
Deux écarts, deux trajectoires
DÉCIDER SEULE DE SES PLACEMENTS46 %des femmes, en 2025contre 26 % en 2022quasi au niveau des hommesSE DIRE COMPÉTENT(E) EN PLACEMENTS28 % / 51 %femmes · hommesun écart resté large, luiUn même baromètre, deux dynamiques différentes selon ce qu'il mesure.

Tous les écarts mesurés par l'AMF n'évoluent pas au même rythme : l'autonomie de décision s'est rapprochée de celle des hommes en trois ans, quand l'écart de confiance dans ses propres connaissances reste, lui, très marqué.

Chiffres clés 2026

DonnéeValeurDateSource
Femmes investissant « en direct »24 % (vs 45 % hommes)oct. 2025, publié mars 2026AMF
Femmes détenant un placement non garanti52 % (vs 71 % hommes)oct. 2025AMF
Femmes refusant tout risque51 % (vs 31 % hommes)oct. 2025AMF
Patrimoine financier moyen du foyer (hors immobilier)53 k€ femmes vs 82 k€ hommesoct. 2025AMF
Femmes décidant seules de leurs placements46 % (vs 43 % hommes)oct. 2025AMF
Écart de pension de retraite (droit direct seul)-38 % pour les femmesdonnées 2023, éd. 2025DREES à vérifier
Écart de pension (avec réversion incluse)-25 % pour les femmesdonnées 2023, éd. 2025DREES à vérifier

Idées reçues

  • Idée reçue : « Les femmes s'intéressent moins à la bourse simplement parce qu'elles ont moins de moyens. » → Réalité sourcée : l'écart de revenus/patrimoine n'explique pas tout ; l'AMF cite des facteurs psychologiques et socio-culturels documentés par la littérature académique, indépendants du seul niveau de ressources (AMF, mars 2026).
  • Idée reçue : « Les femmes qui investissent connaissent moins bien les marchés que les hommes. » → Réalité sourcée : parmi les investisseurs, les femmes surestiment moins leurs connaissances que les hommes, même si elles s'auto-évaluent moins bien (AMF, mars 2026).
  • Idée reçue : « L'écart de pension de retraite entre femmes et hommes a disparu. » → Réalité sourcée : il reste de 38 % (pension de droit direct seule) en 2023, contre 50 % en 2004 — net recul mais écart toujours important à vérifier (DREES, éd. 2025).
  • Idée reçue : « Les femmes délèguent plus souvent leurs décisions de placement à un conseiller. » → Réalité sourcée : en 2025, elles sont désormais aussi nombreuses que les hommes à dire décider seules (46 % vs 43 %), un renversement net depuis 2022 (26 %) (AMF, mars 2026).

Questions fréquentes de débutants

  • « Les femmes investissent-elles vraiment moins que les hommes ? » Oui, de façon mesurée : 24 % des femmes investissent en direct contre 45 % des hommes en 2025 (AMF, mars 2026).
  • « Pourquoi cet écart existe-t-il ? » Des facteurs de revenus et de patrimoine y contribuent, mais aussi des facteurs psychologiques et socio-culturels documentés, indépendants des seules ressources (AMF, mars 2026).
  • « Cet écart se réduit-il ? » Oui sur plusieurs indicateurs : la part de femmes investissant est passée de 21 % (2023) à 24 % (2025), et la part décidant seules de ses placements de 26 % (2022) à 46 % (2025) (AMF, mars 2026).
  • « Et à la retraite ? » La pension moyenne des femmes reste inférieure de 38 % à celle des hommes en 2023 (droit direct), un écart réduit par rapport à 2004 (50 %) mais toujours important à vérifier (DREES, éd. 2025).

Pièges & points de vigilance

  • Les chiffres AMF portent sur des déclarations (auto-évaluation) recueillies par sondage, pas sur une mesure indépendante des comportements réels — une nuance méthodologique à garder en tête (AMF, mars 2026, méthodologie Audirep, n=2 120).
  • Les sous-échantillons (par exemple les CSP+ de moins de 35 ans, n=201) ont une marge d'erreur statistique plus importante ; l'AMF le signale elle-même explicitement dans son rapport (AMF, mars 2026).
  • L'écart de pension de retraite change fortement selon qu'on inclut ou non la pension de réversion (38 % vs 25 %) : préciser systématiquement de quel chiffre il s'agit pour éviter toute confusion à vérifier (DREES, éd. 2025).
  • Ce module présente des écarts statistiques et moyens, mesurés sur des groupes ; ils ne préjugent en rien du profil, des compétences ou des choix d'une personne en particulier — à formuler avec précaution en contexte pédagogique pour éviter tout effet de stéréotype.
  • La donnée DREES sur l'écart de pension n'a pas pu être vérifiée par consultation directe du communiqué pendant cette recherche : à recouper avant usage (DREES) à vérifier.

Se tester

La mémoire se construit en se testant, pas en relisant. Cherchez la réponse de tête avant d’ouvrir : c’est l’effort de rappel qui ancre, pas la lecture de la réponse.

1 Le patrimoine financier moyen déclaré diffère entre femmes et hommes. Cet écart de moyens suffit-il, à lui seul, à expliquer l’écart de participation à l’investissement ?

Non : l’AMF souligne qu’une littérature académique abondante documente aussi des facteurs psychologiques et socio-culturels propres à cet écart, indépendamment du seul niveau de ressources. L’écart de revenus et de patrimoine y contribue, mais ne l’explique pas entièrement.

2 Vrai ou faux : parmi les personnes qui investissent déjà, les femmes surestiment davantage leurs connaissances financières que les hommes ?

Faux — c’est l’inverse. Parmi les personnes qui investissent déjà, les femmes surestiment moins leurs connaissances financières que les hommes. Le déséquilibre réel se loge du côté de la confiance déclarée : 28 % / 51 % de femmes et d’hommes, respectivement, disent s’y connaître en placements — un écart de confiance bien plus large que l’écart mesuré par les questions de compréhension financière.

3 L’écart de pension de retraite entre femmes et hommes se réduit-il de la même façon selon qu’on inclut ou non la pension de réversion ?

Non : l’écart mesuré sur la seule pension de droit direct est nettement plus important que l’écart mesuré une fois la pension de réversion incluse, parce que la réversion est plus souvent versée aux femmes qu’aux hommes. Inclure ou non cette pension change donc sensiblement l’ampleur de l’écart observé.

4 Entre 2022 et 2025, la part de femmes décidant seules de leurs placements a fortement augmenté, au point de rejoindre celle des hommes. Cette progression s’explique-t-elle par un changement chez les hommes, chez les femmes, ou chez les deux ?

Chez les femmes seules, selon l’AMF : la part de femmes décidant seules de leurs placements atteint désormais 46 %, contre un niveau resté stable chez les hommes sur la même période. L’AMF précise que cette progression de l’autonomie de décision s’explique intégralement par ce changement d’attitude des femmes.

Sources

  • AMF, « Les femmes et l'investissement — Baromètre de l'épargne et de l'investissement », https://www.amf-france.org/sites/institutionnel/files/private/2026-03/barometre-2025-focus-femmes-et-investissement.pdf, mars 2026 (données Audirep, octobre 2025, échantillon n=2 120 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus)
  • DREES, « Les retraités et les retraites — Édition 2025 », https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse-documents-de-reference/250731_PANORAMAS-retraites à vérifier, juillet 2025 (données 2023)